Que faut-il observer chez le jeune enfant pour l'accompagner au mieux dans son développement psycho-moteur ?

L'accompagnement du tout petit pour un développement psychomoteur harmonieux

Il ne s’agit pas là de décrire les stades de développement de l’enfant et de vérifier si notre enfant « rentre dans la bonne case » mais plutôt d’avoir un regard bienveillant et attentif sur sa croissance, de manière à ce qu’il grandisse le plus harmonieusement possible, et surtout en respectant son rythme.

Que faut-il surveiller chez le jeune enfant et pourquoi ?

Autour de la naissance

  • Observer le crâne : Est-il déformé ? Aplati d’un côté ? Bombé d’un autre ? En pain de sucre ? En forme de fraise ? Y a t-il une bosse ?
    Un œil est-il plus fermé que l’autre ? Une oreille plus en avant que l’autre ou plus décollée ? Bébé louche t-il ?
    Ces formes de crâne témoignent d’une adaptation à une tension crânienne sous-jacente.
  • Observer l’attitude générale : Bébé adopte t-il une position en banane ? Une hanche est-elle plus fermée d’un côté que d’un autre ? Tourne t-il la tête autant à droite qu’à gauche ? Cherche t-il à se cambrer en extension ? Pleure t-il lorsque vous lui enfilez les manches du body ? Garde t-il toujours un bras en arrière ? Dort il toujours du même côté ?
  • Observer ses réactions : Tète t-il facilement ? A t-il tendance à s’endormir au sein / biberon ? Les tétées sont-elles très / trop longues ? Présente t-il des coliques ? Des reflux ? Se tortille t-il après les tétées ? Pleure t-il beaucoup ? A t-il des otites, bronchites à répétition ?

A quoi est-ce dû ?

Une pression directe exercée sur le crâne comme par l’utilisation de forceps, cuillère, ventouse, une pression continue dans le ventre de la mère, ou lors de l’accouchement, un cordon autour du cou, une pression directe par les doigts du gynécologue accoucheur ou de la sage-femme contribuent à créer des points de tension.

Souvent, lors des césariennes, les gynécologues prennent comme point de repère la mâchoire du bébé et s’aident de la mandibule pour extirper l’enfant du ventre de la mère. Lors de cette manoeuvre, les mandibules s’en trouvent comprimées, les os temporaux vont devoir s’adapter à cette contrainte. Une tension se créé. Cela peut, par la suite, provoquer des difficultés de succion chez le nouveau-né.

D’autres tensions directes peuvent provenir des désobstructions, effectuées par l’infirmière juste après la naissance. Cela consiste à placer un tuyau dans la bouche du nouveau-né pour aspirer les glaires dans l’estomac. Pour y parvenir, l’aide-soignante maintient souvent fermement la mâchoire du bébé ouverte et les cervicales en extension en appuyant sur le front, pour faciliter la descente du tuyau dans la bouche. Tout cela a bien entendu des répercussions sur le crâne, les cervicales, la mâchoire, le thorax du nouveau-né.

Cela peut également être le cas lorsque le pédiatre examine l’enfant brusquement avec un abaisse-langue ou lors de séances de kinésithérapie respiratoire.

Ces traumatismes vont influer sur la bonne mobilité des jonctions des os du crâne et occasionner des troubles fonctionnels immédiats ou ultérieurs. Les parents entendent souvent que cela se remettra tout seul. Parfois oui, cependant l’équilibre crânien demeure perturbé et l’esthétisme du crâne n’est que la partie immergée de l’iceberg.

La cause d’une tension crânienne peut également s’exprimer à distance.

Prenons l’exemple d’un nouveau-né dont le corps aurait été tracté en extension lors de la naissance. C’est un cas fréquent, notamment lors d’une césarienne. Il faut faire sortir le bébé : on le prend et on le tire comme il se présente. Pendant 9 mois, le bébé était en flexion totale dans le ventre de la maman, et voilà qu’on le déplie brusquement, sans qu’il y soit préparé. Cela met en tension tous les tissus de l’avant du corps, qui se rétractent alors.

Nous pouvons en faire aisément l’expérience : lorsque nous sommes restés longtemps dans une même position, nous avons tout intérêt à nous défaire tout doucement de cette position, faute de quoi une douleur pourrait se manifester.

Un petit mot seulement sur une autre source de tension

Les émotions. Car oui, les émotions laissent des traces dans les tissus ! Aussi bien dans le ventre de la mère, qu’après, un bébé est particulièrement sensible aux ambiances, à ce que vivent les parents et comment ils le reçoivent. Selon la couleur de l’émotion (colère, peur, tristesse, rumination…), les tensions ne s’exprimeront pas au même endroit.
Tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime.

Quand bébé se tient assis et rampe

  • Observer comment bébé se rattrape quand il est en déséquilibre : Pose t-il la main bien ouverte à plat ou se retient-il avec les poings serrés ? A t-il un, ou les deux pieds qui partent en dedans ?
  • Observer sa posture quand il bouge : s’assoit-il bien sur ses deux fesses ?

A quoi est-ce dû ?

Des poings tendus signent une tension sous-jacente. Souvent, les tensions que nous, ostéopathes, retrouvons aux poignets, chevilles proviennent d’une prise de sang. Le sang d’un nouveau-né est beaucoup plus visqueux que chez un adulte. Aussi, quand les soignants ont besoin de prélever du sang (pour vérifier le taux de sucre, faire le test de Guthrie…), l’aide soignante comprime le poignet ou la cheville pour effectuer un système de pompage et faire ainsi plus facilement couler le sang. Malheureusement cela laisse des séquelles sur les articulations du nouveau-né.

  • Rampe t-il de manière symétrique ou a t-il une hanche qui traîne ? Comment bébé se déplace t-il ? en rampant / à quatre pattes ? En propulsant son bassin en avant ?

A quoi est-ce dû ?

Comme évoqué plus haut, une tension de bassin peut provenir d’une cause à distance. Cela peut également être dû à des tensions digestives basses, mais aussi à un vaccin que le bébé aura eu du mal à drainer : en réponse au vaccin, les tissus alentours se figent.

Il est très important pour un bébé de passer par le stade « quatre pattes », pour plusieurs raisons :

  • Le « quatre pattes » contribue à la formation de la hanche. Chez un nourrisson, le cotyle de la hanche est plat. Ce n’est que grâce aux mouvements répétés d’avant en arrière du fémur, que le cotyle va se creuser et assurer la bonne stabilité de la hanche.
  • De plus, le « quatre pattes » permet au cerveau de développer le schème homolatéral, contrairement à la marche qui fonctionne sur un schème controlatéral. Le cerveau apprend ainsi la latéralisation.

Un enfant qui se déplacerait sur les fesses pourrait être la résultante de tensions au niveau du bassin. C’est souvent le cas pour les enfants nés en siège : les cuisses sont comprimées contre le ventre, ce qui met en tension les hanches, le sacrum, le petit bassin mais aussi le colon, et risque d’entraîner des coliques.

Quand bébé marche, et chez le jeune enfant

  • La marche est-elle souple et harmonieuse ? Bébé tombe t-il souvent ? Se mélange t-il souvent les pieds ? Des tensions aux chevilles, bassin, que décèle la main de l’ostéopathe, peuvent en être à l’origine.
  • Observer les changements de comportement de votre enfant : il devient grincheux, agressif, fatigué. Il ne dort plus ou mal, il a subitement besoin de lunettes. Il se plaint de douleur, gêne.
    Interrogez-vous sur les circonstances d’apparition de ces symptômes. Y a t-il eu une chute, une manœuvre brutale lors d’un examen médical, un vaccin, un choc émotionnel ?
    Un traumatisme sur les fesses ou directement sur le crâne peut figer tout le lien fondamental entre le crâne et le sacrum et laisser s’installer les tensions.

Observation du jeune enfant : en résumé

Restez attentif à votre enfant prenez le temps de l’observer. Les bébés et jeunes enfants savent parfaitement où sont les zones de tension de leur corps et nous les montrent, pour peu qu’on veuille bien le voir.
Les tout-petits s’auto traitent en posant une main à l’endroit qui les gêne, en adoptant la position qui les soulage.
Si vous constatez un des signes décrits plus haut, il est fortement conseillé de consulter en ostéopathie. De même, après une chute, on ne saurait trop vous recommander de voir un ostéopathe qui chercherait à ré-harmoniser les tensions.

L’ostéopathe ne corrige pas la posture, il la libère. Et libérer la posture c’est libérer le crâne, le bassin, les pieds, l’occlusion, les chaînes musculaires.

Alors n’hésitez pas, à nous contacter et prendre un rendez-vous en ostéopathie.